D'après le carnet de voyage de Seb et quelques annotations d'Elo

Nazca (10 au 11 septembre 2011)


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Il est environ 20h lorsque nous arrivons dans la capitale des Nazca.

Logiquement, nous devrions retrouver notre guide Yvan. Mais après 1/2h d'attente et nos estomacs réclamant, nous décidons d'aller manger dans un petit restaurant face à la gare de bus "Flores" : le premier repas péruvien, en fait souvent servi avec du riz. Un homme d'une trentaine d'année vient alors vers nous, ventant les mérites de son restaurant familial mais aussi de leur hôtel à quelques pâtés de maisons (cuadra). L'offre est halléchante et toujours pas de nouvelles de notre guide.

On décide de rejoindre ce Péruvien qui a l'air plutôt sympathique et nous emmène devant son hôtel. La rue est en travaux, impossible d'y circuler, il se gare alors en travers. Le temps de descendre nos sacs, deux autres voitures se stationnent "à l'arrache" dans le chantier. Quelqu'un nous interpelle, en fait c'est Yvan qui nous a trouvé, il a dû nous voir sortir du restaurant et nous suivre jusqu'ici. La situation est plutôt insolite, maintenant on a le choix ; l'un nous demande de visiter tout de même son établissement alors que l'autre nous dit que tout est réservé : l'hôtel ainsi que le survol des lignes le lendemain matin. La décision est prise lorsqu'Yvan nous raconte qu'il nous attendait depuis 2 heures mais à un autre terminal terrestre...Arturo lui avait donné une mauvaise indication. De plus, il a l'air plus honnête que le jeune homme qui s'avèrera être un escroc puisque arrivés dans notre hôtel (enfin !), la gérante nous montre un article de presse peu flatteur sur cet hôtel, où aurait été abusée une touriste belge, affaire en cours...

Après avoir reglé notre dossier : noms, prénoms, numéros de passeports..., Yvan nous montre la chambre très sympa avec salle de bain et WC, sans oublier l'eau chaude ! Vient ensuite la discussion des tarifs de la journée du lendemain : les transferts hôtel-aérodrome, vol au-dessus des lignes, visites avec guide parlant français du cimetière de Chauchilla, d'une poterie ainsi que d'une fabrique d'or, un programme bien chargé nous attend mais il nous faut rattraper le temps perdu à Lima la veille. On est assez réticent sur le prix et finalement, on nous offre l'entrée du cimetière, les autres visites étant gratuites. Voilà qui est fait, le rendez-vous est pris : demain matin 8h devant l'hôtel.

Après une bonne nuit réparatrice et une bonne douche, petit déjeuner en terrasse, il fait très beau et il commence à faire chaud.
Étant prêts bien avant l'heure de rendez-vous, on profite de se balader autour de la Plaza de Armas pour y trouver des lunettes de soleil que j'ai encore oublié ; pas étonnant, on n'y pense pas avec un temps pareil en France !
Mais c'est bredouille que l'on rentre à l'hôtel pour y retrouver notre guide et son chauffeur. Départ pour l'aérodrome "Maria Reich" qui lui a donné son nom après avoir consacré une vie entière aux recherches des lignes de Nazca, aujourd'hui décédée, il n'en reste pas moins qu'un musée (sa demeure) que nous n'aurons pas l'occasion de visiter.
Après quelques minutes de routes plus ou moins bonnes, on arrive enfin devant les quelques avions qui embarquent les touristes vers les lignes mais avant tout, il faut régler la taxe d'aéroport puis attendre son tour en regardant un DVD intéressant (en Français, mis par Yvan) sur le peuple et la civilisation Nazca.
Enfin, on nous appelle, on passe sous un portique, on nous fouille et le co-pilote vient nous chercher. On a de la chance, l'avion est tout petit, 6 personnes dont les pilote et co-pilote.
La tension monte d'un cran lorsque l'on s'installe. Après quelques photos prises de l'intérieur de l'engin, il est temps de décoller.
Chacun a un casque d'écouteurs sur la tête, on entend les conversations des pilotes et cela nous sera bien utile lors du survol. Nous sommes alors en début de piste et le pilote, après accord de la tour de contrôles, s'élance à fond pour décoller. Tout va très vite et en quelques secondes on se retrouve déjà dans les airs.
En à peine quelques minutes on aperçoit les premières lignes et surtout le premier dessin : la baleine.
D'en haut, le dessin paraît minuscule mais pour bien en profiter, le pilote fait un tour complet de chaque figure d'un côté de l'avion puis de l'autre pour que chacun de nous les aperçoive. C'est assez magique, on a l'impression de rêver et pourtant on y est bien !
Les autres lignes arrivent à leur tour, on y voit même l'astronaute qui a été dessiné sur le flanc d'une colline, le colibris est encore plus incroyable que sur n'importe quelle photo, mais tout est beau à voir, même les lignes droites qui portent à des kilomètres sans savoir à quoi elles servent.
Le vol dure presque 30 minutes et on n'en a pas l'impression, pourtant on en a bien profité, les pilotes faisant leur possible pour nous faire voir le mieux possible tous ces dessins en insistant à chaque fois, nous les montrant du doigt et en nous disant leur nom. Le pilote nous demandant même si nous avions tout vu avant de rentrer !
Nous n'étions pas certains de faire ce vol et nous serions passés à côté de quelque chose ! Mais c'est fait, on peut le dire : on a survolé les lignes de Nazca !
Après un atterrissage parfait (mais qui a dit que c'était dangereux ?) nous repartons au centre ville de Nazca pour y visiter le marché local et y trouver des lunettes !

La pêche a été bonne, j'ai trouvé mon bonheur. Après plusieurs rues à découvrir ce marché, je me fais stopper par deux vieux bonhommes bien contents de se revoir apparemment sauf que derrière, ça s'entasse et je comprends alors que je suis coincé et que l'on me fait les poches. J'ai juste le temps de rattraper l'appareil photo à moitié sorti de mon pantalon ! Quant à Elo, elle chope (avec courage !) un gars qui venait de faire la petite poche arrière de mon sac à dos !! Sans problème (disons qu'il n'a pas eu le choix), il lui rend les écouteurs (je les lui ai plutôt arraché de la main !) que nous avions eu dans l'avion à Madrid et quelques papiers sur Nazca et les lignes.
Le plus incroyable dans cette histoire, c'est l'âge des Pickpockets qui dépassait largement les 60 ans... Ça nous apprendra pour la suite du voyage à être plus vigilants.

On décide de repartir vers le centre, il est l'heure de manger. On trouve un restaurant sympa lui aussi où enfin on nous sert de l'avocat ! Il est tout de même meilleur que celui de chez nous.
On passe le début d'après-midi tranquillement en face de la Plaza de Armas dans l'entrée de l'hôtel, affalés dans des fauteuils de salon, en attendant notre prochain guide qui nous emmènera au cimetière voir des momies.
Arrive 15h et notre chauffeur. En fait, c'est aussi notre guide. Il parle français (depuis 1 an 1/2) plutôt bien, mieux que moi pour l'espagnol ! Il a aussi étudié l'anglais et le japonais. Nous voilà alors partis pour les momies ou presque, car on va prendre au passage un couple de Français fraîchement débarqués de l'oasis de Huacachina. On en profite pour leur demander leurs impressions, et apparemment, c'est assez touristique, rien d'extraordinaire...
Pendant ce temps, la route se poursuit. Il y a tout de même 20 km jusqu'au cimetière, mais avec ces paysages à contempler, pas le temps de s'ennuyer. La route asphaltée devient une piste de cailloux puis de sable.
On y arrive enfin, l'endroit est désert, pas un arbre, tout est couché par le vent en rafales avec en décor de fond, les Andes multicolores. Le spectacle est grandiose.
Notre guide nous montre au loin à des kilomètres quelques habitations qui sont celles des mineurs car dans ces montagnes, il y a de l'or !
Après être passés à la caisse, on rejoint le guide qui nous explique que le site a été découvert par des pilleurs, saccageant les tombes en les mettant à jour une à une et surtout en cassant les momies pour récupérer les objets laissés en offrande ainsi que les tissus très prisés par les collectionneurs. En fait, le cimetière est un champ de ruines où une douzaine de tombes sont abritées par des toits en paille et sont reliées par des chemins tracés dans le sable.
Ce qui est incroyable, c'est le nombre d'ossements qui sont éparpillés sur le sol. On comprend que les pilleurs n'ont pas traîné et ont volé sans aucun scrupule.
Les tombes se ressemblent assez, en général divisées en 2 ou 3 caveaux avec dans chacune au moins une momie.
Dans une tombe, on peut en voir une avec des cheveux qui avoisinent les 2 mètres !
Certaines momies ont les bouts de cheveux en forme de dreadlocks !
 
 
 



Parfois, de toutes petites momies renferment des corps de nourrissons ; certaines n'ont plus de tissu et on peut voir la peau sèche, c'est encore très impressionnant.

 


 
 
Le plus incroyable c'est que ce site n'est pas protégé : il peut être pillé de jour comme de nuit, pas de grillage, pas de gardien...
Les squelettes deviennent blancs à cause du soleil et les momies perdent leur peau, sans parler des phénomènes météorologiques : la pluie inonde les fosses et le vent pousse le sable dans les tombes, abîmant encore plus ce musée à ciel ouvert.
 

 
 
C'est la fin de cette visite qui reste marquante.

On prend la direction de Nazca pour visiter une poterie artisanale. On est plutôt bien accueillis ; le maître des lieux, le potier, nous montre ses outils et son travail, tout à l'ancienne : pinceaux faits en cheveux, colorants avec les minéraux du coin, l'argile extrait du sol même de Nazca. Sa particularité, c'est qu'il n'a pas de touret !
On visite ensuite son magasin. C'est très beau mais nous ne sommes pas très intéressés, de même pour le couple qui nous accompagne. Forcément, l'accueil est moins chaleureux en repartant.

Suite et fin de l'après-midi dans une fabrique d'or. Cette fois, c'est un mineur qui nous accueille dans une cour et nous fait asseoir devant plusieurs étalages de pierres brutes. Il nous fait passer différents échantillons de toutes sortes de minéraux. Il nous explique à l'aide de maquettes comment extraire l'or et surtout comment le séparer de la roche. C'est plutôt intéressant mais on sent qu'il nous demandera quelque chose et un malaise s'installe surtout lorsqu'il nous montre sa vitrine de bijoux et son chapeau pour un pourboire... Mais il nous semblait avoir payé l'entrée !? Nous voilà tous partis vers notre guide qui nous ramena à nos hôtels respectifs.

La nuit tombe déjà et il nous faut passer à table pour être prêts pour notre première nuit en bus. En effet, nous avions réservé 2 places dans un bus tout confort avec sièges rembourrés qui s'inclinent presqu'à l'horizontale pour passer une bonne nuit ! Mais avant tout, un bon repas dans un petit restaurant pas trop cher puis retour à l'hôtel, où nos sacs sont prêts depuis le matin, et petite toilette dans les WC de l'hôtel car nous n'avons plus la chambre depuis midi...
Départ à pied vers le terminal terrestre de "La Cruz del Sur", l'agence de bus la mieux cotée du pays ; on a fait fort, et le prix aussi...(faut dire que tout le reste était complet !) Arrivés au terminal, on y retrouve pas mal de routards qui vont, eux aussi, à Arequipa, notre destination. On attend dehors, il fait encore bon et c'est très agréable à 10h le soir. Tout le monde, sauf nous, monte dans le bus car c'est un classique sans couchette.
On attend encore une bonne vingtaine de minutes et notre bus arrive (directement de Lima). Nous sommes les seuls à y monter et bizarrement aucun contrôle : ni film, ni empreinte... Une fois à l'intérieur, nous sommes en première classe donc au rez-de-chaussée, presque plein ; restent nos deux places au fond avec couverture et oreiller. On ne fait pas long feu même si la télévision est allumée, la journée aura été bien chargée. A côté de l'écran, il y a même un compteur avec la vitesse du bus éclairée avec des diodes vertes s'il est au-dessous de 90 km/h mais il est plus souvent dans le rouge !
La nuit pour moi est assez agitée, je me réveille plusieurs fois sans savoir me rendormir, il faut dire que la conduite est sportive et les sièges pas si confortables... (pour ma part, j'ai plutôt bien dormi...et sans boules quies !)

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